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	<title><![CDATA[benclement]]></title>
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	<pubDate>Tue, 21 Apr 2026 02:21:02 +0200</pubDate>
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		<title><![CDATA[]]></title>
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		<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: center;"><a href="http://data.hotviber.com/q46Tccak3FByY7w9XW70nSgVX3s.jpg"><img src="http://data.hotviber.com/q46Tccak3FByY7w9XW70nSgVX3s@150x150.jpg" alt=""/></a></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Derri&egrave;re les vitres, Maud regardait s&rsquo;&eacute;teindre une &agrave; une les lumi&egrave;res du Palais pr&eacute;sidentiel. Il n&rsquo;en resta bient&ocirc;t plus qu&rsquo;une au premier &eacute;tage : celle du bureau de Gr&eacute;gory. Ce dernier travaillait tard, m&ecirc;me ce soir o&ugrave; ils avaient pr&eacute;vu de d&icirc;ner chez Fourv&eacute;. Enfin, Gr&eacute;gory avait pr&eacute;vu. Depuis un an qu&rsquo;ils avaient emm&eacute;nag&eacute; dans cet appartement cossu, son amant d&eacute;cidait de tout : de ses horaires, de ses sorties, de ses fr&eacute;quentations. Ces derni&egrave;res se r&eacute;duisaient aux connaissances du pr&eacute;sident, g&eacute;n&eacute;ralement d&rsquo;&acirc;ge canonique. C&rsquo;&eacute;tait le cas de tous les habitants de cette ville, sauf dans le quartier de L&rsquo;Ouest. L&rsquo;endroit, plut&ocirc;t mal fam&eacute;, intriguait Maud depuis son arriv&eacute;e, mais Gr&eacute;gory avait toujours rechign&eacute; &agrave; l&rsquo;y emmener. Pourquoi avait-il chang&eacute; d&rsquo;avis ? Myst&egrave;re. Lorsqu&rsquo;il le lui avait annonc&eacute; dans l&rsquo;apr&egrave;s-midi, elle &eacute;tait tomb&eacute;e des nues. <br/><br/>&ndash; Le quartier de l&rsquo;Ouest ! Je n&rsquo;aurais jamais cru que tu m&rsquo;emm&egrave;nerais dans ce lieu de perdition.<br/>&ndash; Eh oui ! Tout arrive. Tiens-toi pr&ecirc;te pour vingt heures. J&rsquo;accorderai sa soir&eacute;e &agrave; Dimitri. Une voiture sans chauffeur attirera moins l&rsquo;attention. On ne m&rsquo;aime pas beaucoup, l&agrave;-bas.<br/>&ndash; Et tes gardes du corps ?<br/>&ndash; Je me charge de les semer. <br/>En tant que plus haut personnage de l&rsquo;&Eacute;tat, Gr&eacute;gory &eacute;tait constamment sous surveillance et Maud aussi de ce fait. Ils avaient eu le plus grand mal &agrave; s&rsquo;am&eacute;nager un espace d&rsquo;intimit&eacute;. <br/><br/>Le carr&eacute; jaune de l&rsquo;unique fen&ecirc;tre plongea dans l&rsquo;ombre &agrave; son tour. Maud connaissait exactement le temps qu&rsquo;il fallait &agrave; Gr&eacute;gory pour la rejoindre. Elle v&eacute;rifia son reflet dans le miroir. Celui-ci lui renvoya le reflet d&rsquo;une jeune fille grande et mince, aux yeux gris et aux cheveux ch&acirc;tain, que la clart&eacute; de sa peau rendait presque noirs. Pour le reste, elle &eacute;tait v&ecirc;tue de fa&ccedil;on classique : pantalon droit, sobre chemisier et ballerines plates &ndash; l&rsquo;absence de talons permettait &agrave; Gr&eacute;gory de ne pas souffrir de sa taille exigu&euml; &ndash;. Elle entendit son pas dans l&rsquo;escalier : vif et press&eacute; en d&eacute;pit d&rsquo;une journ&eacute;e &eacute;puisante, puis le bruit de la cl&eacute; tournant dans la serrure. Enfin, Gr&eacute;gory s&rsquo;encadra sur le seuil de la chambre. Au d&eacute;but, la simple apparition de cet homme provoquait chez Maud un &eacute;moi profond. Avec le temps, leurs rapports &eacute;taient devenus plus apais&eacute;s, elle le regrettait un peu. &Agrave; son &acirc;ge &ndash; vingt et un an &ndash;, n&rsquo;aurait-elle pas d&ucirc; &ecirc;tre perp&eacute;tuellement ravag&eacute;e par la passion ?<br/><br/>Gr&eacute;gory entra, un paquet oblong sous le bras gauche et un sac dans la main droite. Au lieu de l&rsquo;embrasser, il se recula un peu et la consid&eacute;ra, les sourcils fronc&eacute;s.<br/>&ndash; Quelque chose ne va pas ? demanda-t-elle, inqui&egrave;te.&nbsp; <br/>&ndash; Tout, &agrave; part la coiffure. Je t&rsquo;emm&egrave;ne dans un restaurant s&eacute;lect et tu t&rsquo;habilles comme si tu allais au boulot. <br/>Au bord des larmes, elle le vit poser paquet et sac sur le lit et d&eacute;baller leur contenu. Une robe noire, en cuir, pour le premier ; des escarpins &agrave; talons vertigineux pour le second.&nbsp;&nbsp; <br/>&nbsp;&ndash; Faut-il vraiment que je porte ces trucs ? s&rsquo;&eacute;tonna Maud. &Ccedil;a fait un peu pute.<br/>Il sourit, ce qui ne lui arrivait gu&egrave;re ces derniers temps. Hormis sa jeune ma&icirc;tresse et son m&eacute;decin, personne ne connaissait la raison de cette humeur sombre. Les probl&egrave;mes de prostate du Pr&eacute;sident &eacute;taient class&eacute;s secret d&eacute;fense. Il ren&acirc;clait &agrave; l&rsquo;id&eacute;e d&rsquo;une op&eacute;ration.<br/>&ndash; Tu comprends, avait-il expliqu&eacute; &agrave; Maud, tout le monde se foutrait de moi.<br/>&ndash; Je comprends. Tu pr&eacute;f&egrave;res endurer le martyr plut&ocirc;t que de faillir &agrave; ta r&eacute;putation de cavaleur.<br/>Le visage de Gr&eacute;gory, s&rsquo;&eacute;tait assombri.<br/>&ndash; Tu te trompes, avait-il murmur&eacute; &agrave; voix basse. Il n&rsquo;y a que toi dans ma vie et je ne te baise presque plus. Si je me remets entre leurs mains, ce sera la fin.<br/>Elle l&rsquo;avait attir&eacute; &agrave; elle et embrass&eacute; en lui jurant que le sexe n&rsquo;avait pas d&rsquo;importance. On n&rsquo;en avait plus reparl&eacute; jusqu&rsquo;&agrave; ce soir o&ugrave; il lui avait apport&eacute; cette toilette si peu dans son genre.<br/>&ndash; Mon cadeau ne te pla&icirc;t pas ? demanda-t-il. <br/>&ndash; Si, cette robe est tr&egrave;s belle. Simplement, elle ne correspond pas &agrave; ma personnalit&eacute;. <br/>&ndash; Essaie-la et tu verras. <br/><br/>Pourquoi refuser cette petite satisfaction &agrave; un homme qui n&rsquo;en &eacute;prouvait plus beaucoup ? Le temps de se d&eacute;pouiller de ses v&ecirc;tements, lingerie de coton comprise, Maud se retrouva &agrave; poil devant Gr&eacute;gory. Ce genre de strip-tease n&rsquo;&eacute;tait pas nouveau. Depuis un an, il s&rsquo;&eacute;tait maintes fois renouvel&eacute;. Au d&eacute;but, le Pr&eacute;sident n&rsquo;attendait pas la chute de la derni&egrave;re pi&egrave;ce pour sauter sur sa jeune ma&icirc;tresse. Maintenant, il se contentait de mater, les bras crois&eacute;s, sans manifester d&rsquo;&eacute;motion apparente. Comme ce soir. Au fond, Gr&eacute;gory a raison, pensa Maud. Je suis trop sage, pas assez sexy, pas assez inventive. <br/>En enfilant la robe, elle s&rsquo;attendait &agrave; un contact froid et d&eacute;sagr&eacute;able, mais le cuir &eacute;tait doux et &eacute;pousait les sinuosit&eacute;s de son corps. &Agrave; ce moment, Gr&eacute;gory tira de sa poche une paire de bas, un slip de dentelle noire et un porte-jarretelles assorti. Maud ironisa :<br/>&ndash; La totale, quoi.<br/>Gr&eacute;gory la laissa mettre la culotte. Apr&egrave;s quoi, il fit glisser les bas le long des jambes galb&eacute;es. Maud &eacute;prouva sur sa peau la douceur de leur mati&egrave;re.&nbsp; <br/>&ndash; On jurerait de la soie, souffla-t-elle.<br/>&ndash; C&rsquo;est de la soie. Ils viennent de chez Tabs. Pour une fois qu&rsquo;il a &agrave; fournir une belle jeune femme au lieu des vieilles biques habituelles !<br/>Maud eut plus de mal avec le porte-jarretelles. Gr&eacute;gory dut le lui agrafer lui-m&ecirc;me et ce contact intime provoqua en elle un frisson auquel, h&eacute;las, rien ne succ&egrave;derait. Quant aux escarpins &agrave; talons aiguille, elle n&rsquo;&eacute;tait pas s&ucirc;re de pouvoir marcher avec jusqu&rsquo;&agrave; la voiture.<br/>&ndash; Tu n&rsquo;auras que quelques m&egrave;tres &agrave; faire, plaida Gr&eacute;gory. La voiture est gar&eacute;e au pied de l&rsquo;ascenseur et le Fourv&eacute; poss&egrave;de un parking.<br/>Luxe inusit&eacute; dans ce quartier aux ruelles en pente, mais Maud avait encore une objection.<br/>&ndash; Mais j&rsquo;aimerais marcher, enfin&hellip;me promener, visiter un peu.<br/>&ndash; Visiter quoi ? &Agrave; part des p&eacute;ripat&eacute;ticiennes, des macs et des homos, il n&rsquo;y a rien &agrave; voir.<br/>&ndash; Pourquoi y allons-nous, alors ?<br/>&ndash; Ne sois pas si curieuse. C&rsquo;est une surprise.<br/><br/>*<br/><br/>Au fur et &agrave; mesure de l&rsquo;avanc&eacute;e de la limousine noire dans la nuit pluvieuse, Maud sentait cro&icirc;tre son excitation. Balay&eacute;es les appr&eacute;hensions de tout &agrave; l&rsquo;heure. C&rsquo;est avec aisance qu&rsquo;elle p&eacute;n&eacute;tra dans le restaurant. Aucun d&eacute;bordement visible, pas de serveuse aux seins nus circulant entre les tables comme le pr&eacute;tendaient les mauvaises langues. Les clients se tenaient bien et &eacute;taient v&ecirc;tus correctement. Oh ! Il y avait bien quelques robes &agrave; la limite de la d&eacute;cence, dont celle de Maud elle-m&ecirc;me, et des chaussures haut-perch&eacute;es comme les siennes. <br/><br/>&ndash; On croirait que tu as port&eacute; des stilettos toute ta vie, chuchota Gr&eacute;gory &agrave; son oreille.<br/>&ndash; Dans une autre vie, peut-&ecirc;tre.<br/>Il la contemplait avec admiration. D&eacute;sir, aussi. Ce soir ne serait pas comme les autres. Le plaisir rena&icirc;trait. Elle ne se doutait pas du d&eacute;tour qu&rsquo;il allait prendre.<br/>Leur arriv&eacute;e avait fait se retourner toutes les t&ecirc;tes. La premi&egrave;re surprise pass&eacute;e, les clients revinrent vite &agrave; leur assiette. La cuisine du Fourv&eacute; &eacute;tait moins raffin&eacute;e qu&rsquo;&agrave; la Tour de l&rsquo;Avenir, mais ils avaient un de ces rouges capiteux qui vous montait au cerveau.<br/>&ndash; Crois-moi, il vaut les grands crus, reconnut Gr&eacute;gory.<br/>Il paraissait tout &agrave; fait d&eacute;tendu. Au point de raconter la derni&egrave;re histoire de fesses qui courait les cabinets minist&eacute;riels. Tel Secr&eacute;taire d&rsquo;&Eacute;tat couchait avec sa secr&eacute;taire et le mari les avait surpris dans une posture int&eacute;ressante.<br/>&ndash; Dans son propre bureau, encore. Tu imagines la sc&egrave;ne. Si l&rsquo;on ajoute qu&rsquo;il s&rsquo;agit du Secr&eacute;taire d&rsquo;&Eacute;tat aux transports.<br/>Apr&egrave;s s&rsquo;&ecirc;tre esclaff&eacute;e. Maud observa :<br/>&ndash; Vu que toi et moi ne sommes pas mari&eacute;s, &ccedil;a ne risque pas de nous arriver.<br/>Gr&eacute;gory ne releva pas le propos, mais son sourire &eacute;tait plein de sous-entendus. Il proposa sur un ton enj&ocirc;leur :<br/>&ndash; Et si nous partions ? J&rsquo;ai envie d&rsquo;une petite vir&eacute;e au Fahrenheit. Pas toi ?<br/>Cette requ&ecirc;te ne supportait pas de refus. Maud le comprit. Le d&eacute;roulement de la soir&eacute;e avait &eacute;t&eacute; r&eacute;gl&eacute; &agrave; l&rsquo;avance, depuis la tenue coquine &eacute;tal&eacute;e sur le lit jusqu&rsquo;&agrave; l&rsquo;enseigne rouge du club vers lequel ils se dirig&egrave;rent au sortir de chez Fourv&eacute;. Gr&eacute;gory avait-il aussi pr&eacute;vu la suite des &eacute;v&egrave;nements ? Maud n&rsquo;osa pas l&rsquo;interroger. Elle craignait de rompre le fil conducteur d&rsquo;un sc&eacute;nario si bien ficel&eacute;.<br/><br/>Ils pass&egrave;rent sans transition de la nuit glaciale &agrave; la chaleur moite de la bo&icirc;te. L&rsquo;entr&eacute;e du Fahrenheit figurait une &eacute;norme bouche aux l&egrave;vres &eacute;carlates. Rouge aussi l&rsquo;int&eacute;rieur, du moins pour ce qu&rsquo;on pouvait en deviner. Les banquettes et leurs occupants disparaissaient dans l&rsquo;ombre. Personne sur la piste de danse &agrave; peine plus &eacute;clair&eacute;e.<br/>&ndash; Un peu t&ocirc;t, commenta Gr&eacute;gory. &Ccedil;a nous laisse le temps de dig&eacute;rer.<br/>Maud trouvait l&rsquo;ambiance lugubre ; cette lumi&egrave;re voil&eacute;e, ce rouge, cette musique jazzy distill&eacute;e en sourdine, mais elle ne dit rien. Gr&eacute;gory la guida d&rsquo;une main s&ucirc;re &agrave; travers les rang&eacute;es de fauteuils. &Agrave; peine &eacute;taient-ils assis qu&rsquo;un serveur se pointa avec du champagne.<br/>&ndash; Du Mumm Cordon rouge, ma ch&eacute;rie, appr&eacute;cia Gr&eacute;gory en connaisseur. Bois-en un peu. &Ccedil;a te d&eacute;tendra.<br/>&ndash; Je suis&hellip;<br/><br/>Sa protestation se perdit dans la musique latino qui succ&eacute;dait aux accords soporifiques. Des ombres surgirent des banquettes et se jet&egrave;rent sur la piste. Des vieux : m&acirc;les et femelles, venus s&rsquo;encanailler et quelques jeunes, en majorit&eacute; des gar&ccedil;ons entre vingt et trente ans. L&rsquo;espace &eacute;troit se remplit. Les pieds de Maud se mirent &agrave; battre la mesure. D&rsquo;un hochement de t&ecirc;te, car la moindre parole se noyait dans la musique, Gr&eacute;gory lui fit signe qu&rsquo;elle pouvait y aller. Maud se leva et franchit les quelques m&egrave;tres qui la s&eacute;paraient du cercle bruyant. Apr&egrave;s quelques pas h&eacute;sitants, elle commen&ccedil;a &agrave; se d&eacute;hancher comme les autres. Elle s&rsquo;abandonnait au rythme de la salsa quand elle sentit sur elle le poids d&rsquo;un regard br&ucirc;lant.<br/><br/>*<br/><br/>L&rsquo;homme ne dansait pas. Il se tenait debout au bord de la piste et la regardait. Aucun doute l&agrave;-dessus. Elle le regarda aussi, du coin de l&rsquo;&oelig;il : brun, vingt-cinq ans environ, de taille moyenne, bien b&acirc;ti. Beau ? Maud ne pouvait pas se prononcer, l&rsquo;inconnu &eacute;tait trop loin. De plus, masqu&eacute; par les danseurs. Elle le perdit de vue, le retrouva au hasard d&rsquo;une figure, le reperdit, l&rsquo;aper&ccedil;ut &agrave; nouveau. Il avait toujours les yeux braqu&eacute;s sur elle avec une obstination patiente. Que faire ? Pas question de rejoindre Gr&eacute;gory. La proximit&eacute; de ces &eacute;pidermes &eacute;chauff&eacute;s par la danse enfermait Maud dans une bulle de bien-&ecirc;tre dont elle n&rsquo;avait pas envie de s&rsquo;extraire. Elle d&eacute;cida d&rsquo;ignorer ce regard d&eacute;vorateur. L&rsquo;homme finirait par se lasser. Son attention se porterait ailleurs, sur une de ces femmes m&ucirc;res qui se dandinaient &agrave; c&ocirc;t&eacute;. Mais non. Elle avait beau lui tourner le dos, elle sentait un feu ardent la br&ucirc;ler entre les omoplates, transpercer sa robe de cuir. Elle avait h&acirc;te que &ccedil;a finisse, que la musique s&rsquo;arr&ecirc;te. Une s&eacute;rie de slows rempla&ccedil;a les rythmes endiabl&eacute;s. Les danseurs se dispers&egrave;rent. <br/><br/>Maud allait les imiter lorsqu&rsquo;une main effleura son &eacute;paule.<br/>&ndash; Vous dansez ?<br/>La voix basse, sans timbre particulier, r&eacute;sonna comme un tambour aux oreilles de Maud. L&rsquo;inconnu &eacute;tait devant elle, tout pr&egrave;s et attendait. Pas beau, en fin de compte : une tignasse emm&ecirc;l&eacute;e, des sourcils broussailleux. Il devait &ecirc;tre velu, sentir le fauve. Maud d&eacute;testait. Ce qu&rsquo;elle aimait, c&rsquo;&eacute;tait le corps glabre de Gr&eacute;gory, le parfum de son eau de toilette, m&ecirc;me s&rsquo;il ne la baisait plus. Elle fit &laquo; Non, non &raquo; de la t&ecirc;te tout en d&eacute;signant d&rsquo;un index vague l&rsquo;endroit o&ugrave; devait se trouver son compagnon.<br/>&ndash; Il est d&rsquo;accord, ne vous en faites pas.<br/>Comment, d&rsquo;accord ? Maud n&rsquo;eut pas le temps de s&rsquo;&eacute;tonner que d&eacute;j&agrave; l&rsquo;homme l&rsquo;enla&ccedil;ait, la plaquait contre lui. Ils &eacute;taient de la m&ecirc;me taille. Pas un g&eacute;ant, ce mec, pas un costaud non plus. D&rsquo;o&ugrave; tirait-il son culot monstre ? Si Maud n&rsquo;avait pas eu peur d&rsquo;un esclandre, elle se serait d&eacute;gag&eacute;e et serait retourn&eacute;e s&rsquo;asseoir. Trop tard. C&rsquo;&eacute;tait avant qu&rsquo;il fallait. Que faisait Gr&eacute;gory ? Impossible que la sc&egrave;ne lui ait &eacute;chapp&eacute;.&nbsp; Il y avait peu de couples sur la piste.<br/>&ndash; D&eacute;tendez-vous, murmura l&rsquo;inconnu en resserrant sa pression.<br/><br/>Leurs visages se fr&ocirc;l&egrave;rent. Au moment o&ugrave; il allait l&rsquo;embrasser, Maud d&eacute;tourna la t&ecirc;te. Il rit, effleura de ses l&egrave;vres l&rsquo;oreille o&ugrave; serpentaient quelques m&egrave;ches. Elle jeta un coup d&rsquo;&oelig;il par-dessus son &eacute;paule, en direction de Gr&eacute;gory, mais ne vit rien. Et s&rsquo;il &eacute;tait parti ? Ridicule. &Agrave; quoi aurait rim&eacute; cette mise en sc&egrave;ne si son instigateur se d&eacute;filait ? &Agrave; quoi rimait-elle ?<br/><br/>&Agrave; cet instant, Maud cessa de r&eacute;fl&eacute;chir. Elle remit sa t&ecirc;te dans l&rsquo;axe de l&rsquo;autre t&ecirc;te et les deux bouches se rencontr&egrave;rent, m&ecirc;l&egrave;rent leurs salives et leurs langues. Le corps de Maud s&rsquo;incrusta davantage dans l&rsquo;autre corps. De slow en slow, leur complicit&eacute; s&rsquo;affirma. Il y eut cette main qui caressa le cou fragile, descendit le long de la colonne vert&eacute;brale, s&rsquo;attarda au creux des reins. Il y eut cette autre,&nbsp;<a href="http://ma-grandepharmacie.fr/cialis-tadalafil">acheter cialis</a> plus fine, qui s&rsquo;aventura sur une nuque h&eacute;riss&eacute;e de poils drus. Et ces poitrines &eacute;cras&eacute;es l&rsquo;une contre l&rsquo;autre, ces ventres et ces cuisses soud&eacute;s par la danse, ces sexes s&eacute;par&eacute;s par quelques millim&egrave;tres d&rsquo;agneau plong&eacute; et de toile de jean. L&rsquo;homme chuchota :<br/>&ndash; Que dirais-tu d&rsquo;aller dans un coin plus tranquille ? Il y a des alc&ocirc;ves, l&agrave;-haut.<br/>Maud sursauta. Pourtant, elle s&rsquo;attendait &agrave; cette proposition.<br/>&ndash; Je ne peux pas, balbutia-t-elle. Je suis accompagn&eacute;e.<br/>Il rit : un rire moqueur, d&eacute;sagr&eacute;able. Ses canines brillaient, blanches et pointues sous le faible &eacute;clairage : des dents de carnassier. Elle s&rsquo;&eacute;nerva.<br/>&ndash; Qu&rsquo;ai-je dit de si dr&ocirc;le ?<br/>&ndash; Que tu es accompagn&eacute;e. Je le savais, figure-toi. C&rsquo;est m&ecirc;me ton mec qui m&rsquo;a demand&eacute;.<br/>&ndash; Demand&eacute; quoi ?<br/>&ndash; De t&rsquo;emballer. T&rsquo;&eacute;tais pas au courant ?<br/>Il avait l&rsquo;air g&ecirc;n&eacute;. Ses mains l&acirc;ch&egrave;rent le corps de Maud. Un vide &eacute;norme se creusa en elle. Elle en voulut &agrave; Gr&eacute;gory, &agrave; ce type qui, apr&egrave;s l&rsquo;avoir allum&eacute;e, l&rsquo;&eacute;loignait de lui. Elle s&rsquo;entendit r&eacute;pondre :<br/>&ndash; Non. Maintenant, je le suis. Si votre proposition tient toujours&hellip;<br/><br/>Il la prit par le bras d&rsquo;un geste de propri&eacute;taire, la guida &agrave; travers les rang&eacute;es de fauteuils avec la m&ecirc;me d&eacute;termination que Gr&eacute;gory, mais dans le sens oppos&eacute;. Maud le suivit sans r&eacute;fl&eacute;chir. Elle aurait tout le temps apr&egrave;s. L&rsquo;homme connaissait bien les lieux ; l&rsquo;escalier &agrave; emprunter, le corridor, les esp&egrave;ces de niches o&ugrave; des couples s&rsquo;&eacute;battaient d&eacute;j&agrave;. Dans l&rsquo;obscurit&eacute;, Maud distingua &ccedil;a-et-l&agrave; l&rsquo;&eacute;clat d&rsquo;une cuisse ou d&rsquo;un sexe. Des g&eacute;missements s&rsquo;&eacute;levaient de ces grappes de chair agit&eacute;es de furieux soubresauts. Faisaient-ils &ccedil;a &agrave; deux, trois ou quatre ? Maud n&rsquo;eut pas le loisir d&rsquo;imaginer plus avant. Son inconnu la poussa vers une alc&ocirc;ve vide, la bascula sur des coussins &eacute;tal&eacute;s, remonta sa robe jusqu&rsquo;&agrave; la taille. Il inclina son visage vers elle. Ses l&egrave;vres se pos&egrave;rent sur l&rsquo;espace de peau entre le bas et la culotte, se coll&egrave;rent &agrave; la dentelle. Sa langue chercha le clitoris &agrave; travers le tissu, le trouva, l&rsquo;aspira. Maud se mordit les l&egrave;vres pour ne pas crier. L&rsquo;homme la d&eacute;gusta &agrave; petits coups, sans se presser, comme s&rsquo;il l&eacute;chait un cornet de glace ; sauf que celle-ci &eacute;tait br&ucirc;lante. Elle fondit, se liqu&eacute;fia, d&eacute;clenchant dans le ventre de Maud des ondes de plaisir. Puis tout devint ti&egrave;de, puis froid. Pendant ce temps, l&rsquo;homme s&rsquo;&eacute;tait d&eacute;shabill&eacute;. &Agrave; nouveau il se pencha, &eacute;carta les cuisses de Maud et la p&eacute;n&eacute;tra d&rsquo;un coup. Il chevaucha dans une prairie inond&eacute;e par ses soins. Maud geignait &agrave; mi-voix. Sa t&ecirc;te roulait de gauche &agrave; droite au gr&eacute; des secousses imprim&eacute;es par son cavalier.&nbsp; Elle avait ferm&eacute; les yeux. Lorsqu&rsquo;elle les rouvrit, elle aper&ccedil;ut Gr&eacute;gory qui matait dans l&rsquo;ombre. Juste une silhouette assise au bord de&nbsp;<span style="color: #000000;"><em><a style="color: #000000;" href="http://ma-grandepharmacie.fr/">acheter viagra</a></em></span> l&rsquo;alc&ocirc;ve, mais elle savait que c&rsquo;&eacute;tait lui. Elle l&rsquo;avait reconnu &agrave; cette fragrance hors de prix dont il s&rsquo;aspergeait. Il &eacute;tait l&agrave;, aux aguets, dans l&rsquo;attente de la sc&egrave;ne finale du sc&eacute;nario qu&rsquo;il avait &eacute;labor&eacute; dans ses moindres d&eacute;tails. Il voulait du spectacle ? Eh bien ! Elle allait lui en donner.<br/><br/>De passive, la jeune femme devint active. Elle prit l&rsquo;homme par le cou, enroula ses jambes autour de ses reins, remua le bassin comme elle le faisait tout &agrave; l&rsquo;heure dans la danse. Et elle cria. Tant pis pour les voisins qui d&rsquo;ailleurs se fichaient pas mal de ce qui se passait &agrave; c&ocirc;t&eacute;. Gr&eacute;gory en aurait pour son argent.<br/>Elle ne croyait pas si bien dire.<br/><br/>*<br/><br/>Apr&egrave;s avoir joui, elle avait rassembl&eacute; les d&eacute;bris de son slip, rabattu sa robe, r&eacute;cup&eacute;r&eacute; ses escarpins. L&rsquo;homme n&rsquo;avait pas pris la peine de se rhabiller. Devait-elle lui dire au revoir ou s&rsquo;&eacute;clipser sans un mot ? Il lui &eacute;pargna la peine de d&eacute;cider :<br/><br/>&ndash; Je te laisse mes coordonn&eacute;es, dit-il en lui tendant une carte. Tu peux m&rsquo;appeler quand tu voudras.<br/>Elle se retint de rire. Comme s&rsquo;il s&rsquo;agissait d&rsquo;un plombier ou d&rsquo;un r&eacute;parateur d&rsquo;&eacute;lectro- m&eacute;nager ! Gr&eacute;gory avait disparu. Lorsqu&rsquo;elle le retrouva dans la voiture, elle lui raconta pour d&eacute;tendre l&rsquo;atmosph&egrave;re. Sa r&eacute;action lui fit l&rsquo;effet d&rsquo;une douche froide.<br/>&ndash; Jette-la ! siffla-t-il.<br/>&ndash; Pourquoi ? Ce n&rsquo;&eacute;tait pas pr&eacute;vu au programme ?<br/>Comme il ne r&eacute;pondait pas, elle ajouta d&rsquo;un ton provocant : <br/>&ndash; J&rsquo;aurai peut-&ecirc;tre encore besoin de ses services.<br/><br/>Maud le vit grimacer dans l&rsquo;ombre.<br/>&ndash; &Ccedil;a m&rsquo;&eacute;tonnerait. Il n&rsquo;est pas dans tes prix.<br/>&ndash; Comment, pas dans mes prix ?<br/>&ndash; Ne joue pas les idiotes. Ce type est un prostitu&eacute;. Je l&rsquo;ai pay&eacute; pour qu&rsquo;il te donne ce que je ne pouvais plus t&rsquo;offrir.<br/>&ndash; Cher ?<br/>&ndash; Au tarif habituel. Je crois que tu en as eu pour mon argent. Alors, &eacute;pargne-moi les questions inutiles. Nous rentrons, maintenant. Autant profiter de tes bonnes dispositions.<br/><br/>Maud se sentit humili&eacute;e, r&eacute;duite &agrave; l&rsquo;&eacute;tat de marchandise et la nuit n&rsquo;&eacute;tait pas finie. Pendant que Gr&eacute;gory la besognait, elle pensait au corps de l&rsquo;inconnu ; ses &eacute;paules et son dos recouverts d&rsquo;une toison foisonnante, ses fesses pomm&eacute;es, sa verge, non pas molle, mais gonfl&eacute;e de vie. Il y avait aussi son odeur sui generis, puissante, &acirc;cre qui lui avait tant d&eacute;plu au d&eacute;but. La fusion de tous ses &eacute;l&eacute;ments suffit &agrave; lui procurer un orgasme. Gr&eacute;gory retomba &agrave; c&ocirc;t&eacute; d&rsquo;elle, combl&eacute; lui aussi. Il ne paraissait plus lui en vouloir.<br/>&ndash; J&rsquo;ai eu raison de pimenter notre relation, d&eacute;clara-t-il. Si tu es d&rsquo;accord, nous recommencerons. Que dirais-tu de retourner l&agrave;-bas un soir de la semaine prochaine ?<br/>Maud ouvrit des yeux stup&eacute;faits.<br/>&ndash; Si vite ? Je croyais que&hellip;<br/><br/>Il la consid&eacute;ra avec indulgence.<br/>&ndash; Ch&eacute;rie, tu n&rsquo;y es pas. Ce sera dans une autre bo&icirc;te, avec un autre gar&ccedil;on. Je ne veux pas courir le risque que tu t&rsquo;attaches &agrave; celui-l&agrave;.<br/>La vir&eacute;e dans le quartier de l&rsquo;Ouest se renouvela de fa&ccedil;on hebdomadaire. Le sc&eacute;nario &eacute;tait immuable : le d&icirc;ner, la bo&icirc;te, la danse &eacute;chevel&eacute;e suivie d&rsquo;un slow torride, la partie de jambes en l&rsquo;air. Maud voyait d&eacute;filer des corps chaque fois diff&eacute;rents et pourtant semblables. Gr&eacute;gory s&eacute;lectionnait pour elle les plus beaux sp&eacute;cimens. Des blonds au teint clair, &agrave; la peau douce, parfum&eacute;s comme des gonzesses. Le premier &eacute;tait une regrettable erreur, un hiatus. Mieux valait l&rsquo;effacer.<br/>Maud n&rsquo;&eacute;tait pas de cet avis. Ces gar&ccedil;ons interchangeables lui inspiraient de la lassitude, m&ecirc;me si l&rsquo;un d&rsquo;eux r&eacute;servait parfois une bonne surprise. Elle r&eacute;inventait &agrave; travers d&rsquo;autres corps les &eacute;motions &eacute;prouv&eacute;es avec l&rsquo;inconnu num&eacute;ro un. Plus un inconnu, en fait. Elle avait d&eacute;sob&eacute;i &agrave; Gr&eacute;gory et conserv&eacute; la carte. Un jour&hellip;</p><br /><hr />Original article written by benclement and published on <a href="http://benclement.hotviber.com">benclement</a> <br />
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		<pubDate>Fri, 30 Mar 2018 13:53:52 +0200</pubDate>
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